Votre douleur au dos s’installe chaque fois que vous faites une activité ou une tâche précise? Votre point à l’omoplate apparaît toujours lorsque vous travaillez à l’ordinateur, et ce, même si vous consultez régulièrement votre chiropraticien? Il peut être frustrant de constater que, malgré les actions prises pour optimiser notre état de santé, les douleurs peuvent parfois être récurrentes et ne pas toujours répondre positivement aux efforts mis en place. Un “pattern” assez fréquent qui mérite qu’on s’y attarde afin de mettre l’emphase sur la cause et non seulement sur la gestion de la douleur.

Notre objectif est donc de vous aider à mieux comprendre comment les différents éléments liés aux douleurs interagissent entre eux et peuvent entretenir un cycle de récurrence, même lorsque les symptômes semblent s’améliorer temporairement.

Dans cet article, vous découvrirez les principaux mécanismes pouvant expliquer pourquoi certaines douleurs reviennent toujours au même endroit. Vous serez également sensibilisé.e à l’importance de la prévention et des saines habitudes de vie, afin de mieux comprendre l’ensemble des facteurs à considérer dans la gestion de vos douleurs, qu’elles soient récurrentes ou non.

Pourquoi ma douleur au dos revient toujours?

Il n’est pas rare de voir nos patients aux prises avec des douleurs qui reviennent régulièrement. Toujours le même point dans le bas du dos, la même tension dans le cou ou la même sensation que l’épaule bloque au moindre mouvement qui demande une amplitude plus grande. Vous consultez en chiropratique, vous voyez une amélioration, mais les symptômes finissent parfois par revenir, et ce, sans nécessairement que vous compreniez pourquoi.

Est-ce hasard? Pas nécessairement. Généralement, les douleurs récidivantes s’inscrivent plutôt dans un ensemble de mécanismes bien précis :

  • Compensations
  • Mauvaises habitudes posturales
  • Manque de mobilité
  • Adaptation du corps à ce qu’on lui impose au quotidien (stress physique et mental)

Une meilleure compréhension de ces mécanismes permet d’adopter une approche plus durable, en tenant compte du corps dans son ensemble plutôt qu’en visant uniquement le soulagement des symptômes à court terme.

Votre douleur revient? Votre corps essaie de vous dire quelque chose. Écoutez-le.

Lorsqu’une douleur revient au même endroit, votre corps vous envoie un message clair : quelque chose dans son fonctionnement n’est pas optimal.

Ce “quelque chose” n’est pas toujours localisé à l’endroit où la douleur est perçue. La zone douloureuse est parfois celle qui subit le problème, et non celle qui est en cause. En conséquence, le fait de traiter la région douloureuse n’est pas toujours la meilleure option à envisager, et c’est exactement pourquoi votre chiropraticien évalue votre condition en ayant une vision globale de votre santé, mais aussi de vos habitudes de vie. Traiter la cause de votre douleur demeure sans contredit l’élément-clé dans l’optimisation de votre état de santé.

La compensation : une solution temporaire… qui peut devenir un problème persistant

À chaque instant, le corps s’adapte à son environnement. C’est ce qui lui permet de fonctionner de façon optimale en fonction de ce qu’il reçoit comme information, et tout ceci dépend du système nerveux.

  • Les battements cardiaques s’adaptent selon les besoins
  • La posture s’adapte aux différentes demandes quotidiennes
  • La capacité de mouvement s’ajuste en fonction des capacités et des limites de chaque articulation.

Le corps est conçu pour s’adapter, et c’est ce qui fait que, lorsqu’une articulation perd en mobilité ou qu’un muscle fonctionne moins bien (ex.: tendinite), une autre région prend le relais afin de maintenir une certaine amplitude de mouvement et permettre la poursuite des activités quotidiennes.

À court terme, c’est une excellente stratégie. À long terme, cela peut entraîner une surcharge et un déséquilibre.

  • Le cou compense dans certains mouvements lorsque les épaules et la région thoracique sont tendues en raison d’une posture prolongée à l’écran
  • Le bas du dos compense lorsqu’une jambe est moins mobile
  • Lorsqu’on a mal au pied (ex.: épine de Lenoir), on a tendance à mettre son poids sur l’autre jambe, ce qui crée des compensations au bas du dos et à la hanche opposée,
  • Etc.

Avec le temps, ces compensations deviennent des automatismes, et c’est souvent à ce moment que la douleur s’installe. Résultat : en plus d’avoir un point à l’omoplate, on développe une douleur au cou, et si la gestion de la douleur à l’omoplate n’est pas optimale, il est fort probable que la douleur au cou s’installe de façon intermittente au départ, mais qu’elle devienne progressivement plus fréquente, voire persistante, à mesure que le corps continue de compenser et que les mêmes contraintes se répètent au quotidien. Soyez attentifs aux messages que vous envoie votre corps.

Les habitudes posturales : ce que vous faites chaque jour a un impact majeur sur votre santé globale

On cherche souvent une cause précise à la douleur, alors qu’elle est parfois liée à quelque chose de beaucoup plus banal, comme la répétition d’un mouvement au travail ou une posture inadéquate pour effectuer une tâche à la maison.

Les positions adoptées quotidiennement influencent directement la façon dont le corps travaille et s’adapte.

Ainsi, maintenir une posture de façon prolongée peut entraîner :

  • Une augmentation des tensions musculaires
  • Une diminution de la mobilité
  • Une utilisation différente des différents groupes musculaires

L’adaptation est essentielle dans certains cas, mais elle n’est pas toujours favorable. De plus, lors de l’apparition d’une douleur, le fait de maintenir les mêmes habitudes (répétition ou posture inadéquate) peut avoir un lien direct avec la persistance de la douleur et l’efficacité d’un traitement.

Même si un traitement soulage temporairement, le retour aux mêmes habitudes peut recréer exactement les mêmes conditions… et donc la même douleur.

Mon cou est raide. Est-ce normal? Pourquoi ça revient souvent?

Une bonne mobilité permet au corps de bouger de façon fluide et efficace. Lorsqu’une articulation devient plus rigide, le mouvement doit tout de même se faire, et pour y parvenir, le corps sollicite d’autres muscles et d’autres articulations.

Ce phénomène est souvent discret et peu perceptible, mais ses impacts sont bien réels.

Certaines articulations permettent une grande amplitude de mouvement et elles contribuent à une exécution plus harmonieuse des mouvements :

  • La flexion, l’extension et la rotation au niveau cervical sont réalisées en bonne partie grâce aux hautes vertèbres de cette région
  • L’articulation de l’épaule est celle qui permet la plus grande amplitude de mouvement du corps humain
  • Les hanches, avec la flexion et l’extension, contribuent grandement à la marche

Quand ces régions manquent de mobilité, d’autres structures compensent. Et ce sont fréquemment ces structures qui deviennent douloureuses :

  • Si la tête tourne moins bien, les basses cervicales et le tronc compensent pour la rotation
  • Si l’épaule bouge moins bien, le tronc, le coude et le cou risquent de compenser
  • Si les hanches ne permettent pas la flexion et l’extension, la marche se fera en partie grâce à des compensations du bassin, des genoux et des chevilles


C’est souvent dans ces zones de compensation que la douleur apparaît en premier, même si la source du problème se situe ailleurs, ce qui peut expliquer pourquoi certaines douleurs reviennent toujours au même endroit malgré les soins ou des périodes sans douleur.

Le corps reproduit ce qu’il connaît : le système nerveux s’adapte

Par sa capacité d’adaptation, le corps fonctionne en grande partie par automatisme. Les mouvements que vous répétez régulièrement, qu’ils soient optimaux ou non, finissent par devenir sa norme. C’est d’ailleurs un enjeu important dans l’apparition et la persistance de la douleur : lorsqu’elle revient fréquemment, le corps peut s’y adapter à son tour et la considérer comme faisant partie intégrante de son fonctionnement, ce qui entretient le cycle des douleurs récurrentes.

Après un épisode de douleur, même si les symptômes diminuent, le corps peut continuer à utiliser les mêmes stratégies de mouvement. Ces stratégies ne sont pas toujours optimales, mais elles sont familières. En conséquence, certaines douleurs peuvent revenir rapidement après une amélioration, puisque le système nerveux n’a pas nécessairement changé sa façon de fonctionner. Cela peut se traduire par :

  • Une diminution du seuil de tolérance à la douleur
  • Une diminution de la capacité de récupération

Cette dimension est importante, car elle explique un facteur en lien avec la récurrence de la douleur.

Est-ce que mes habitudes de vie peuvent influencer ma douleur?

La douleur ne dépend pas uniquement du mouvement, de la posture ou de l’adaptation du système nerveux. Le stress, la fatigue et le manque de récupération peuvent influencer son comportement et la rendre plus difficile à gérer, en diminuant la capacité du corps à s’adapter aux contraintes du quotidien et à récupérer efficacement.

Dans ces contextes, le corps devient souvent plus sensible et moins tolérant, ce qui peut favoriser l’apparition ou le retour de certaines douleurs, même lors d’activités habituellement bien tolérées.

Je me fais traiter, mais la douleur revient. Pourquoi?

Les soins chiropratiques visent l’optimisation de la fonction du système nerveux, peuvent améliorer la mobilité et diminuer la douleur. Ils jouent un rôle important dans une prise en charge efficace. Cependant, pour éviter les récidives, il est souvent indiqué d’aller plus loin, c’est-à-dire observer les habitudes de vie et les routines quotidiennes.


C’est cette vision globale de la santé qui permet à la chiropratique de se démarquer dans la gestion de la douleur. Ceci pourrait donc avoir un impact majeur dans la compréhension des éléments déclencheurs, la prévention des récidives et l’adoption de stratégies durables pour améliorer la qualité de vie, et ce, de plusieurs façons :

  • En identifiant les zones de compensation plutôt que celles associées à la douleur
  • En visant l’amélioration de la mobilité des régions moins actives
  • En vous conseillant sur l’adoption de certaines habitudes au quotidien
  • En vous recommandant des exercices ciblés

N’hésitez pas à nous consulter!